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Les recherches menées par la lauréate du prix Nobel Claudia Goldin ont suscité des débats animés à travers le monde. Selon ses conclusions, le déclin du taux de natalité n'est pas lié à une crise économique ou à des processus démographiques, mais à l'accroissement de l'indépendance des femmes. Autrement dit, à mesure que l'accès à l'éducation, au développement professionnel et à la prise de décision personnelle s'élargit, les femmes tendent davantage à différer la maternité ou à réduire le nombre de leurs enfants.
L'étude souligne que la cause principale de ce phénomène réside dans ce qu'elle nomme les « obstacles structurels » — soit la répartition inégale des responsabilités familiales et l'insuffisance des garanties étatiques en matière de garde d'enfants. Ainsi, dans des pays comme le Japon et la Corée du Sud, les femmes consacrent en moyenne trois heures de plus par jour aux tâches domestiques que les hommes. Cela rompt l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, amenant de nombreuses femmes à préférer réduire le nombre d'enfants ou à reporter la maternité.
La situation est tout autre en Suède et au Danemark. Dans ces pays, le soutien de l'État en matière de garde d'enfants est développé et la responsabilité parentale est équitablement partagée. Il en résulte un taux de natalité relativement plus élevé et une participation active des femmes au marché du travail.
À mon sens, la responsabilité incombe non pas aux femmes elles-mêmes, mais au système. L'émancipation des femmes est le signe d'un progrès social. Toutefois, si l'État et les hommes ne sont pas prêts à accepter ces changements, le déséquilibre au sein des familles devient inévitable. La véritable solution ne consiste pas à restreindre les opportunités offertes aux femmes, mais à bâtir un système social qui les soutient. C'est seulement à cette condition que l'indépendance et le bonheur familial cesseront d'être des notions antagonistes pour devenir des concepts complémentaires et harmonieux.