10-07-202656
La visite officielle prévue du Président de la République d'Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, à la République islamique du Pakistan constitue une nouvelle étape importante dans la stratégie à long terme de notre pays visant à renforcer la connectivité entre l'Asie centrale et l'Asie du Sud. Cette visite vise à produire des résultats concrets : porter la coopération bilatérale à un nouveau niveau qualitatif, approfondir un partenariat mutuellement bénéfique dans les domaines économique, social, des transports et de l'énergie, et contribuer à la sécurité régionale comme fondement du développement durable.
Aujourd'hui, l'économie mondiale et le système des relations internationales traversent une profonde transformation. Les corridors commerciaux sont reconfigurés, les questions de sécurité énergétique et d'approvisionnement alimentaire occupent le devant de la scène, et le changement climatique est devenu un défi mondial exigeant non pas des actions unilatérales, mais une coopération concertée entre les États.
Selon les estimations de la Banque mondiale, les coûts logistiques mondiaux ont augmenté en moyenne de 25 à 30 pour cent au cours des cinq dernières années, ce qui fait de la recherche de nouveaux corridors de transport une nécessité stratégique pour les États sans littoral.
Dans ce contexte, la politique étrangère de l'Ouzbékistan — fondée sur les principes d'ouverture, de pragmatisme et de bénéfice mutuel — a désigné le renforcement de la connectivité avec les régions voisines et adjacentes comme une priorité stratégique. Comme le souligne le Président Shavkat Mirziyoyev :
"L'objectif principal de la politique étrangère de l'Ouzbékistan est de façonner autour de nous un espace pacifique, stable et économiquement interconnecté."
Le Pakistan occupe une place essentielle dans cette chaîne logique stratégique. Grâce à sa situation géographique, à l'importance de son marché intérieur et à ses infrastructures portuaires développées, il constitue un partenaire fiable pour l'Ouzbékistan dans l'accès à l'Asie du Sud.
Le fondement politique des relations ouzbéko-pakistanaises repose sur les principes de respect mutuel, de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures. Ces relations dépassent le cadre des intérêts bilatéraux pour devenir un facteur influençant l'architecture sécuritaire de toute la région.
La question afghane constitue l'un des tests les plus importants de ce partenariat. L'Ouzbékistan et le Pakistan considèrent ce pays non comme une source de menaces, mais comme un territoire susceptible d'être conduit vers la stabilité par l'intégration économique. Cette approche ne relève pas d'une politique d'isolement, mais d'une politique pragmatique orientée vers le développement.
Le Président Sh.M. Mirziyoyev a déclaré depuis la tribune des Nations Unies :
"Il est impossible d'instaurer une paix durable sans intégrer l'Afghanistan dans les processus économiques régionaux."
Cette position est pleinement cohérente avec les priorités nationales de l'Ouzbékistan en matière de paix, de sécurité et d'institutions efficaces.
À ce jour, le volume des échanges commerciaux entre l'Ouzbékistan et le Pakistan ne reflète pas encore pleinement le potentiel existant. Toutefois, selon l'analyse de la Banque mondiale, une réduction des coûts de transport pourrait multiplier les échanges bilatéraux par deux à trois.
D'un point de vue économique, le Pakistan représente pour l'Ouzbékistan non seulement un nouveau marché, mais une porte d'accès à l'espace économique de l'Asie du Sud. Avec une population dépassant 240 millions d'habitants, il offre un immense marché de consommation à l'industrie ouzbèke.
La coopération dans les secteurs des textiles finis, de l'agroalimentaire, de la transformation agricole, de l'industrie pharmaceutique et chimique offre des perspectives particulièrement prometteuses en termes de création de valeur ajoutée. La création d'entreprises communes dans ces secteurs permettrait de créer des milliers de nouveaux emplois, d'accroître les capacités d'exportation et d'intensifier les transferts de technologie.
Comme le relève le Président Mirziyoyev :
"La coopération économique perd son sens si elle ne contribue pas à améliorer le bien-être des peuples."
L'une des principales contraintes du commerce extérieur ouzbek est l'absence d'accès aux ports maritimes. Cela accroît les coûts logistiques et réduit la compétitivité des produits d'exportation.
Selon les données d'experts internationaux, chaque dollar investi dans les corridors de transport génère en moyenne quatre dollars d'effet économique. Si les itinéraires ferroviaires transafghans sont réalisés, la distance aux ports maritimes pour l'Ouzbékistan se réduira de 30 à 40 pour cent, et les délais de transit des marchandises passeront de plusieurs semaines à 10–12 jours.
Cela améliorera sensiblement la compétitivité des produits d'exportation du pays.
La perspective d'accéder aux marchés de l'Asie du Sud et de l'océan Indien via les ports pakistanais représente un changement fondamental. La réalisation des corridors ferroviaires et routiers transafghans permettrait de raccourcir considérablement les délais de transit des marchandises, de réduire les coûts de transport, et d'amener l'Ouzbékistan à endosser un nouveau rôle économique d'État de transit.
La déclaration de Sh.M. Mirziyoyev selon laquelle
"les infrastructures de transport renforcent la paix en même temps qu'elles favorisent le développement économique"
illustre l'importance stratégique de cette orientation.
Selon l'Agence internationale de l'énergie, d'ici 2030, la demande énergétique en Asie centrale et méridionale augmentera de plus de 30 pour cent par rapport aux niveaux actuels. Dans ce contexte, la transition vers les sources d'énergie renouvelables devient une nécessité stratégique.
Le changement climatique, la raréfaction des ressources en eau et la croissance de la demande énergétique confrontent l'Ouzbékistan et le Pakistan à des défis communs. Ceux-ci ne peuvent être résolus de manière unilatérale — ils exigent une coopération régionale.
Au cours des dernières années, l'Ouzbékistan a lancé de grands projets dans le domaine de l'énergie verte, tandis que le Pakistan dispose d'une expérience pratique dans le solaire et l'éolien. La mise en œuvre de projets communs dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et l'économie verte renforcerait la sécurité énergétique, réduirait la dépendance aux importations et assurerait la durabilité environnementale.
Les accords politiques et les conventions économiques sont importants. Mais le facteur essentiel qui confère aux relations un caractère durable est la connectivité humaine. Selon les rapports du PNUD, les investissements dans l'éducation et le capital humain représentent plus de 50 pour cent de la croissance économique à long terme. C'est dans cette perspective que la coopération dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture renforce précisément ce fondement humain des relations ouzbéko-pakistanaises.
Les échanges étudiants, la recherche scientifique conjointe, les forums culturels et la progression des flux touristiques approfondissent la confiance mutuelle entre les deux peuples. Cela transforme le partenariat stratégique en une relation stable, indépendante des cycles politiques.
La visite officielle prévue du Président ouzbek au Pakistan n'est pas un simple événement diplomatique dans le calendrier bilatéral, mais l'expression d'une volonté politique ferme visant à façonner un espace stable, interconnecté et prospère entre l'Asie centrale et l'Asie du Sud. Cette visite contribue à la réalisation des objectifs nationaux de développement durable de l'Ouzbékistan en harmonisant croissance économique, connectivité des transports, sécurité énergétique et développement du capital humain.
Elyorjon Saminov
Directeur, Centre de développement durable