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Des solutions économes contre la chaleur : que signifie l'expérience de l'Inde pour l'Ouzbékistan ?

03-08-2026 30

    Sous l'effet du changement climatique, les journées de canicule se multiplient, exerçant une forte pression sur la santé des citadins, l'approvisionnement en électricité et la productivité du travail. L'Ouzbékistan figure lui aussi parmi les pays exposés à un risque élevé de vagues de chaleur, de sécheresse et de pénurie d'eau. La Banque mondiale note que les phénomènes météorologiques extrêmes dans notre pays affectent directement l'agriculture, l'économie et le bien-être de la population.

    Dans ces conditions, refroidir les bâtiments uniquement à l'aide de climatiseurs ne suffit pas. Cette méthode augmente fortement la consommation d'électricité et accroît la charge sur les réseaux électriques. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) attire l'attention sur les solutions de refroidissement passif appliquées en Inde, c'est-à-dire le maintien d'une température modérée dans les bâtiments sans grande consommation d'énergie. Parmi ces mesures figurent des revêtements spéciaux réfléchissant les rayons du soleil, la ventilation naturelle et l'isolation thermique des murs.

    Par exemple, les toits des grands arrêts de bus de Delhi sont rénovés avec un revêtement spécial réfléchissant au moins 80 % de la chaleur solaire. Il a été calculé qu'en Inde, la construction de logements sociaux fondée sur la ventilation naturelle et l'isolation thermique peut abaisser la température intérieure d'environ 3 degrés et réduire la consommation d'électricité jusqu'à 35 %. À Chennai, les zones les plus chaudes sont cartographiées, et les mesures de végétalisation et de refroidissement passif les concernant sont intégrées au plan directeur.

    Cette expérience est également pertinente pour l'Ouzbékistan. Il convient avant tout d'élaborer une carte des « îlots de chaleur » dans les villes particulièrement chaudes telles que Tachkent, Noukous, Boukhara, Navoï, Karchi et Termez. Dans les quartiers où l'asphalte et le béton abondent et où les arbres sont rares, la température est plus élevée qu'ailleurs. À ce propos, la Banque mondiale souligne que la densité des constructions, le manque d'espaces verts et les revêtements qui retiennent la chaleur amplifient les effets de la canicule dans les villes.

    Dans un premier temps, la technologie des « toits frais » peut être expérimentée dans les écoles, les polycliniques, les jardins d'enfants, les marchés, les arrêts de bus et les logements sociaux. Cela n'exige pas toujours des équipements coûteux : des revêtements clairs et réfléchissants, des auvents extérieurs ainsi que l'isolation des toits et des murs peuvent aussi donner des résultats sensibles. Les nouvelles normes de construction devraient fixer des exigences particulières concernant l'orientation des bâtiments, la ventilation naturelle, l'ombrage des fenêtres et la végétalisation des cours.

    Cette approche est également conforme aux traditions architecturales nationales. Des solutions telles que les murs épais, la cour intérieure, l'ayvon (terrasse couverte), la fontaine et l'ombre des arbres ont servi pendant des siècles de moyens d'adaptation au climat chaud. Associer les technologies modernes à cet héritage rendra les villes plus fraîches, plus économes en énergie et plus agréables à vivre.

    Tester l'expérience indienne dans les villes ouzbèkes au moyen de projets pilotes contribuera à économiser l'électricité, à protéger la santé de la population et à mettre en place des infrastructures résilientes face au changement climatique.