Le district de Boka a accueilli un débat consacré à la sécurité alimentaire dans le cadre des Objectifs de développement durable et au rôle de la mahalla dans ce processus.
Aujourd'hui, la sécurité alimentaire devient une question directement liée non seulement à l'agriculture ou à l'économie, mais aussi au bien-être de la population, à la stabilité sociale et à la sécurité nationale. C'est pourquoi, outre la suffisance des denrées alimentaires, leur qualité, leur innocuité, leur accessibilité financière pour la population et la régularité de leur approvisionnement figurent parmi les tâches importantes auxquelles sont confrontés les pays du monde.
Ce sont précisément ces questions qui ont été au cœur du débat public organisé le 18 août dans le district de Boʻka.
La manifestation a été organisée par l'antenne du Centre de développement durable pour la région de Tachkent, le khokimiyat du district de Boʻka et l'association des mahallas du district, sous la devise « Année du développement de la mahalla et de l'essor de la société », sur le thème « Le rôle de la mahalla dans la réalisation de la sécurité alimentaire dans le cadre des Objectifs de développement durable ».
Y ont pris part des collaborateurs des organes de l'État du district, les présidents et les militants de 28 mahallas ainsi que des représentants d'organisations non gouvernementales, qui ont échangé leurs points de vue sur les possibilités de la mahalla en matière de sécurité alimentaire, sur les problèmes existants et sur leurs solutions.
Aujourd'hui, la question de la sécurité alimentaire prend une acuité croissante dans le monde. Selon les données 2026 de l'Organisation des Nations unies (ONU) relatives aux Objectifs de développement durable (ODD), en 2025, près de 7,8 % de la population mondiale — soit 645 millions de personnes — a souffert de la faim chronique. La même année, 2,1 milliards de personnes, soit 25,8 % de la population mondiale, ont été confrontées à une insécurité alimentaire modérée ou grave.
Ces chiffres montrent que la sécurité alimentaire demeure l'une des plus grandes tâches auxquelles l'humanité est confrontée.
Parallèlement, le changement climatique, la sécheresse et la pénurie d'eau, les conflits armés, les ruptures logistiques ou encore la volatilité des prix des denrées alimentaires et des engrais exercent une pression sur les systèmes alimentaires. Les données de l'ONU soulignent elles aussi la nécessité de créer des systèmes alimentaires durables, de soutenir les petits producteurs et d'investir dans une agriculture adaptée au climat.
Ainsi, la sécurité alimentaire ne peut plus être abordée uniquement à travers la question « combien de produits ont été fabriqués ? », mais aussi à travers celles-ci : « la population a-t-elle les moyens de les acheter ? », « les produits sont-ils de qualité ? », « la production est-elle durable ? », « la population parvient-elle à se nourrir sainement ? ».
Lors du débat public, il a été souligné que les 17 axes des Objectifs de développement durable sont interdépendants et que la plupart d'entre eux trouvent également leur expression dans les stratégies de développement de notre pays.
En particulier, l'objectif 2 — « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable » —, thème principal de la manifestation, revêt une importance directe pour ce débat.
Cet objectif suppose non seulement d'éliminer la faim, mais aussi de garantir à chacun une alimentation de qualité et nutritive, de développer durablement l'agriculture, de soutenir les petits producteurs et d'utiliser rationnellement les ressources naturelles.
Comme cela a été souligné lors du débat, la question de la sécurité alimentaire ne peut être envisagée indépendamment de la mahalla.
En effet, la mahalla est l'institution communautaire qui connaît le mieux les besoins quotidiens de la population, les revenus des familles, le potentiel des jardins familiaux, l'accès à l'emploi, la culture de consommation et les besoins sociaux.
Abdumanop Toʻlaganov, responsable de l'antenne du Centre de développement durable pour la région de Tachkent, a évoqué dans son intervention l'importance des Objectifs de développement durable, en particulier la teneur de l'objectif 2 et les possibilités de sa mise en œuvre à l'échelle de la mahalla.
Shodiyor Azizov, expert du Centre de développement durable, a pour sa part relevé la nécessité de renforcer la participation active de la mahalla à la sécurité alimentaire, d'introduire des approches modernes et d'accroître l'esprit d'initiative de la population dans ce processus.
Un aspect important de la manifestation a été que la sécurité alimentaire y a été abordée non comme une notion théorique, mais en lien avec les questions pratiques que rencontrent la mahalla et les familles.
Ainsi, Rustam Amirov, président de la mahalla Toshloq, a souligné l'importance du système d'identification du bétail et de délivrance de passeports pour les animaux, et a proposé d'augmenter les volumes de culture des cucurbitacées en zone rurale, d'élargir les exportations de produits et de simplifier les formalités administratives liées à ce processus.
L'intérêt de cette proposition tient à ce que l'accroissement de la production locale peut servir non seulement à approvisionner le marché intérieur, mais aussi à augmenter les revenus de la population et à créer de nouvelles perspectives économiques en zone rurale.
Rajab Sunatov, président de la mahalla Bunyodkor, a élargi le débat à une question sociale plus vaste : dans quelle mesure la population dispose-t-elle d'une possibilité de choix dans le contexte du développement durable ?
Selon lui, les choix alimentaires d'une personne dépendent en grande partie de ses moyens économiques. Plus le revenu est élevé, plus la possibilité de choisir des produits alimentaires de qualité et sains est grande.
De ce point de vue, l'objectif de sécurité alimentaire doit être considéré comme un processus global, indissociable de l'emploi, de l'augmentation des revenus, de la création d'emplois décents et du bien-être des familles.
L'approche de la sécurité alimentaire évolue également dans la pratique internationale.
Le rapport mondial 2025 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de ses organisations partenaires relève que la forte inflation des prix alimentaires réduit le pouvoir d'achat de la population et nuit particulièrement à la capacité des familles à faibles revenus de se nourrir sainement. Le rapport présente comme des tâches importantes la stabilisation des systèmes alimentaires, le soutien aux petits producteurs et la garantie de l'accès de la population à une alimentation saine.
C'est pourquoi, dans l'approche moderne, la sécurité alimentaire ne désigne pas seulement la quantité de produits, mais aussi leur qualité, leur innocuité, leur valeur nutritionnelle et leur accessibilité économique pour la population.
Cela rend d'autant plus importantes, à l'échelle de la mahalla, des tâches telles que le travail avec la population, l'identification des familles dans le besoin, l'utilisation efficace des jardins familiaux, le soutien aux petits producteurs et la large promotion d'une culture de l'alimentation saine.
L'intérêt de la rencontre organisée dans le district de Boʻka réside dans le fait que des représentants des organes de l'État, des militants des mahallas et des représentants de la société civile se sont réunis sur une même plateforme et ont pu débattre directement des problèmes.
De tels échanges ouverts permettent avant tout d'identifier les besoins réels sur le terrain, d'entendre les propositions de la population, de mettre en évidence les obstacles existants et d'élaborer des solutions pratiques.
Surtout, si les propositions formulées lors du débat public sont portées à l'attention des organisations compétentes, elles peuvent contribuer à améliorer les programmes locaux et les mesures pratiques.
Grâce à de tels échanges, la mahalla devient non seulement une institution qui règle des questions sociales, mais aussi un acteur actif du développement économique local, de la sécurité alimentaire et du progrès durable.
Les manifestations de ce type, organisées dans le cadre du mois du développement durable, jouent un rôle important pour transformer les Objectifs de développement durable, objectifs mondiaux restés sur le papier, en tâches concrètes liées à la vie quotidienne de la population.
Car les Objectifs de développement durable ne relèvent pas uniquement des organes de l'État ou des organisations internationales. Chacun d'eux — réduction de la pauvreté, éducation de qualité, travail décent, vie saine, sécurité alimentaire, eau potable, égalité des genres, durabilité environnementale — concerne directement la vie de la mahalla et de chaque famille.
En ce sens, le débat public du district de Boʻka est significatif non pas comme une manifestation de plus organisée dans le cadre du mois du développement durable, mais comme un exemple pratique de mise en œuvre des objectifs mondiaux à l'échelle locale.
Car le développement durable ne commence pas seulement par des décisions venues d'en haut, mais aussi par les besoins, l'initiative et la participation de chaque habitant de la mahalla.