Il est temps de relier les indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD) à la dignité humaine, au bien-être de la mahalla (communauté de quartier traditionnelle et échelon de base de l'autogestion locale en Ouzbékistan) et à la qualité de vie.
Lorsqu'il est question des Objectifs de développement durable, on évoque le plus souvent les classements internationaux, les indicateurs nationaux, les stratégies et les rapports. Tout cela est assurément important, car tout État évalue sa propre trajectoire de développement à travers des chiffres précis, des données comparatives et des critères internationaux.
Pour une personne ordinaire, cependant, la notion de développement durable revêt un sens tout autre. Pour elle, il s'agit de disposer d'eau potable à la maison, de voir son enfant étudier dans une bonne école, de ne pas attendre des heures à la polyclinique, de voir les jeunes trouver un emploi, d'obtenir de meilleures routes et un meilleur éclairage dans la mahalla, de respirer un air pur, de permettre à l'entrepreneur de travailler sans obstacles excessifs et de voir son dossier réglé équitablement dans une administration publique.
En ce sens, les ODD ne constituent pas seulement un programme de l'Organisation des Nations unies (ONU) ou un engagement international. Ils représentent avant tout un critère vital qui garantit la dignité humaine, le bien-être des familles, la prospérité de la mahalla et l'avenir du pays.
Ces dernières années, l'Ouzbékistan a créé une base institutionnelle importante pour harmoniser les ODD avec la politique de développement national. La stratégie « Ouzbékistan — 2030 » englobe 100 objectifs répartis en 5 axes prioritaires et relie la prochaine étape du développement du pays au potentiel humain, à la justice sociale, à la croissance économique, à la durabilité environnementale et à une administration publique au service du peuple.
À l'étape actuelle, toutefois, la question la plus importante doit être posée ainsi : dans quelle mesure ces objectifs se font-ils sentir dans la vie de la personne ordinaire ?
Car le véritable critère du développement ne se mesure pas uniquement à la croissance du produit intérieur brut, à une place dans un classement ou au nombre de programmes adoptés. Il s'évalue aux changements dans la vie quotidienne des gens.
Les chiffres existent, ils doivent désormais pénétrer plus profondément dans la vie
Dans son Message à l'Oliy Majlis et au peuple d'Ouzbékistan du 26 décembre 2025, le président Chavkat Mirzioïev a fait état de résultats importants liés à la croissance économique du pays, au développement des infrastructures et aux conditions de vie de la population. Il a notamment été souligné que la production d'électricité avait atteint 85 milliards de kilowattheures, que 715 000 foyers avaient reçu de l'eau potable pour la première fois et que l'approvisionnement en eau s'était amélioré pour 2,3 millions de personnes supplémentaires. Il a également été indiqué que le taux de pauvreté était passé de 8,9 % en début d'année à 5,8 %.
Ces chiffres témoignent sans nul doute de changements positifs majeurs. Mais du point de vue des ODD, une autre question s'impose : ces résultats se font-ils sentir de la même manière dans toutes les régions, dans toutes les mahallas et dans tous les groupes sociaux ?
Si la moyenne nationale est bonne alors que la pénurie d'eau persiste dans une mahalla reculée ; si de nouveaux logements sortent de terre en ville tandis que, dans une autre région, les jeunes peinent à trouver un emploi stable ; si le taux de scolarisation global augmente alors que des problèmes de qualité subsistent dans certaines écoles — c'est que l'étape suivante de la mise en œuvre des ODD reste à accomplir.
Autrement dit, la tâche actuelle de l'Ouzbékistan consiste à faire descendre plus profondément les grandes stratégies jusqu'à la vie de la mahalla, de la famille et de l'individu.
Que montre l'analyse comparative avec les pays voisins ?
L'analyse comparative avec les États voisins est essentielle pour évaluer les résultats de l'Ouzbékistan en matière d'ODD, car les pays d'Asie centrale font face à des difficultés très proches : pénurie d'eau, changement climatique, sécurité énergétique, migration de travail, disparités entre les régions, emploi des jeunes et risques environnementaux.
Selon les données du rapport international 2025 sur le développement durable, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan ont obtenu des résultats relativement élevés parmi les pays d'Asie centrale. Le Kirghizistan a ainsi été évalué à 74,50 points, l'Ouzbékistan à 73,08 points, le Kazakhstan à 71,52 points, le Tadjikistan à 68,27 points et le Turkménistan à 67,25 points.
Cette situation atteste d'une dynamique positive de l'Ouzbékistan en matière d'ODD, tout en montrant qu'à l'étape suivante une attention nettement plus soutenue devra être accordée aux questions de qualité, d'équité territoriale et de durabilité environnementale.
Une place dans un classement ou un score global ne signifie cependant pas que les problèmes sont résolus dans tous les domaines. Ainsi, bien que le Kirghizistan affiche un meilleur résultat dans l'indice des ODD, il se situe derrière l'Ouzbékistan dans l'indice de développement humain. Le Kazakhstan, quant à lui, devance la région en matière de développement humain et de niveau de revenus, mais a enregistré un score global des ODD inférieur à celui de l'Ouzbékistan. Cette situation offre une leçon importante : le développement durable n'est pas la seule croissance économique, mais la conjugaison de l'équité sociale, de l'équilibre écologique et d'une gouvernance efficace.
Dans l'Indice de développement humain 2025 du Programme des Nations unies pour le développement, le Kazakhstan occupe la 60e place, le Turkménistan la 95e, l'Ouzbékistan la 107e, le Kirghizistan la 117e et le Tadjikistan la 128e. L'inclusion de l'Ouzbékistan dans le groupe à développement humain élevé constitue un fait positif, mais cette comparaison montre que des réserves considérables subsistent dans les domaines de la qualité de l'éducation, de la santé, des revenus de la population et de la productivité du travail.
L'objectif principal de l'Ouzbékistan n'est donc pas simplement de progresser dans les classements. La tâche essentielle consiste à relier la croissance économique au développement humain, à la justice sociale, à la durabilité environnementale et à l'équité territoriale.
Les indices internationaux ne sont pas un but, mais un miroir
Les indices internationaux remplissent pour un pays une importante fonction de miroir. Ils montrent dans quel domaine des avancées ont lieu et dans quelle direction des efforts supplémentaires sont nécessaires.
Ainsi, dans l'Indice mondial de l'innovation publié par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l'Ouzbékistan a occupé en 2025 la 79e place parmi 139 économies. Selon ces données, le pays se classe 7e dans le groupe des économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 3e dans la région de l'Asie centrale et du Sud.
Il s'agit là d'une possibilité importante. Mais l'innovation ne doit pas rester cantonnée aux parcs informatiques, aux start-up ou aux laboratoires universitaires. Elle doit entrer dans la vie de la personne ordinaire : évaluation précise des résultats d'apprentissage à l'école, gestion numérique des files d'attente à la polyclinique, réduction des pertes d'eau dans la mahalla, technologies d'économie d'eau rendues moins coûteuses pour l'agriculteur, accès facilité aux services publics pour les personnes en situation de handicap — c'est là que se manifeste la véritable innovation.
L'Indice de performance environnementale envoie lui aussi un signal important à l'Ouzbékistan. Selon les données de cet indice international pour 2024, l'Ouzbékistan se classe 107e avec un score global de 42,6. Cela montre la nécessité de renforcer davantage les mesures concrètes en matière de qualité de l'air, de ressources en eau, de gestion des déchets, de biodiversité, de changement climatique et de milieu urbain.
L'Indice de perception de la corruption revêt lui aussi une grande importance du point de vue des ODD. Car le développement durable ne se limite pas à la croissance économique ou aux programmes sociaux ; il exige avant tout la transparence, l'équité et un climat de confiance dans l'administration publique.
Selon les données de l'organisation Transparency International, qui assure un suivi international dans le domaine de la lutte contre la corruption, bien que l'Ouzbékistan ait connu ces dernières années des évolutions positives dans ce domaine, il est nécessaire de renforcer encore la transparence dans les services publics, les budgets locaux, les marchés publics, la construction, les subventions et le système d'aide sociale. En effet, pour que tout bon programme produise des résultats dans la vie des gens, les fonds doivent être répartis équitablement, les décisions prises ouvertement et le contrôle citoyen effectivement exercé.
La principale leçon qui se dégage de ces indices est la suivante : les fonds, les stratégies et les programmes ne suffisent pas à eux seuls pour mettre en œuvre les ODD. Ils ne produisent des résultats dans la vie des gens que s'ils s'accompagnent de transparence, d'équité, d'une exécution efficace et d'un contrôle citoyen.
Réduction de la pauvreté : le passage de l'aide au revenu stable est indispensable
La réduction de la pauvreté est devenue ces dernières années l'un des axes les plus importants de la politique publique en Ouzbékistan. Car la condition première du développement durable est que chacun vive dignement, dispose d'un revenu stable et puisse réaliser son potentiel.
Selon les données de la Banque mondiale, la croissance des revenus de la population en Ouzbékistan en 2024-2025 a eu un effet positif, en particulier pour les couches à faible revenu. En conséquence, le taux national de pauvreté est passé de 8,9 % à 5,8 %, et l'écart entre les revenus de la population s'est quelque peu réduit.
Ce résultat positif doit désormais être consolidé. Il est nécessaire d'accorder à une famille démunie une allocation ou une aide ponctuelle, mais il importe davantage encore que cette famille dispose d'une source de revenu stable. À cette fin, il serait opportun d'élaborer une « carte des revenus » pour chaque famille démunie : qui apprendra un métier, qui trouvera un emploi, qui lancera une microentreprise, qui a besoin d'un service social, qui peut être associé à une coopérative — tout cela doit apparaître clairement non sur le papier, mais à l'échelle de la mahalla.
L'étape suivante de la réduction de la pauvreté doit être liée au passage de l'« aide sociale » à l'« activité économique ». Autrement dit, la famille bénéficiaire doit accéder progressivement à l'autonomie grâce à ses propres revenus, à un métier, à une entreprise ou à sa place sur le marché du travail. Ce sera là le véritable résultat des ODD.
Il est temps de passer, dans l'éducation, de la couverture à la qualité
L'éducation est l'un des axes les plus importants des ODD. Car sans une éducation de qualité, il est difficile de réduire la pauvreté, de bâtir une économie innovante ou de créer des emplois décents.
L'Ouzbékistan a accompli un travail considérable pour élargir la couverture de l'enseignement préscolaire, secondaire général et supérieur. Mais à l'étape suivante, l'accent principal doit se déplacer de la couverture vers la qualité. Les enfants vont-ils à l'école : telle est la première question. Mais il en est une plus importante encore : qu'apprend l'enfant à l'école ?
Le diplômé sait-il penser par lui-même ? Possède-t-il des compétences numériques ? Peut-il trouver sa place sur le marché du travail ? Est-il prêt à choisir un métier ? L'enseignement supérieur ou professionnel parvient-il à le relier à l'économie réelle ?
C'est pourquoi, dans chaque région, les résultats de l'éducation doivent être reliés aux besoins de l'économie locale. Dans quel district la transformation agroalimentaire se développe-t-elle, dans quelle région le tourisme, où l'industrie, dans quelle ville les services et l'économie numérique progressent-ils — les programmes d'éducation et de formation professionnelle doivent s'adapter à ces besoins.
Le véritable critère d'une éducation de qualité ne se mesure pas au seul nombre d'écoles ou au taux de couverture. Il se manifeste avant tout dans les connaissances de l'enfant, les compétences de l'enseignant, le climat scolaire, l'orientation professionnelle, les possibilités numériques et la préparation du diplômé à la vie autonome.
Dans la santé, l'échelon le plus proche joue un rôle décisif
Pour le citoyen, la réforme du secteur de la santé se fait sentir d'abord dans sa mahalla, dans sa polyclinique. Les grands centres médicaux, les équipements modernes et les cliniques spécialisées sont importants. Mais pour la personne ordinaire, la première question est autre : peut-elle consulter un médecin à temps ? Les médicaments sont-ils disponibles ? Est-il facile de faire des analyses ? Son enfant bénéficie-t-il de soins préventifs ? Ses parents âgés reçoivent-ils des soins médicaux ?
C'est pourquoi l'objectif d'une vie saine et du bien-être est étroitement lié au renforcement des soins de santé primaires. Les files d'attente à la polyclinique, la charge de travail des médecins, la disponibilité des médicaments, la santé des mères et des enfants, le dépistage précoce des maladies chroniques et le degré de satisfaction à l'égard des services médicaux doivent devenir des indicateurs évalués ouvertement et en continu.
Le plus grand bénéfice en matière de santé réside dans la prévention de la maladie plutôt que dans son traitement. Aussi les liens entre la prévention, une alimentation saine, l'activité physique, les risques environnementaux et la santé de la population doivent-ils être expliqués également à l'échelle de la mahalla.
L'économie verte doit atteindre chaque foyer
L'Ouzbékistan est l'un des pays qui ressentent profondément les effets du changement climatique. Pénurie d'eau, dégradation des sols, qualité de l'air, désertification, efficacité énergétique et pression écologique dans les villes : tout cela est directement lié aux ODD.
L'économie verte ne doit pas être comprise comme se limitant aux grandes centrales solaires ou éoliennes. De tels projets revêtent bien entendu une importance stratégique. Mais pour la personne ordinaire, l'économie verte, c'est une alimentation électrique stable à la maison, des dépenses de chauffage réduites, davantage d'arbres dans sa rue, des déchets enlevés à temps, des technologies d'économie d'eau abordables et pratiques, de meilleurs transports en commun et une meilleure qualité de l'air.
C'est pourquoi les objectifs liés à l'eau potable et à l'assainissement, à une énergie propre et abordable, aux villes durables, à la lutte contre le changement climatique ainsi qu'à la protection des ressources foncières et des écosystèmes doivent être envisagés non pas séparément, mais comme une seule et même chaîne vitale. Si l'on économise l'eau, l'agriculture se stabilise. Si l'efficacité énergétique augmente, les coûts des entreprises diminuent. Si l'air s'assainit, la santé de la population s'améliore. Si les villes se végétalisent, la qualité de vie progresse.
Le temps est venu de considérer l'écologie non plus seulement comme un sujet de « protection de la nature », mais comme une question nationale liée à l'économie, à la santé, à l'éducation, à l'urbanisme et à la justice sociale.
Un passeport ODD est nécessaire à l'échelle de la mahalla
Pour que les indicateurs des ODD se fassent sentir dans la vie des gens, il faut les faire descendre jusqu'à l'échelle de la mahalla. Les moyennes nationales ou régionales sont importantes, mais elles ne révèlent pas toujours le problème précis.
Ainsi, la couverture en eau potable peut avoir augmenté dans une région, alors que le problème de l'eau persiste dans certaines mahallas. Des données peuvent indiquer une baisse du chômage dans un district, alors que dans une mahalla donnée les jeunes peinent à trouver un emploi. On peut annoncer la réfection des routes dans une ville, alors que des problèmes d'éclairage ou de sécurité des piétons subsistent dans certaines rues.
Il serait donc opportun d'instaurer un « passeport vital des ODD » pour chaque district et chaque mahalla. Il devrait refléter les indicateurs les plus importants pour la population : eau potable, alimentation électrique, état des routes, conditions des écoles et des jardins d'enfants, services de la polyclinique, collecte des déchets, emploi des jeunes, revenus des femmes, environnement accessible aux personnes en situation de handicap, qualité de l'air, internet et services publics.
Ces données doivent être ouvertes et compréhensibles non seulement pour les administrations, mais aussi pour la population. Les habitants doivent savoir quel indicateur s'est amélioré dans leur mahalla, quel problème persiste et quels montants ont été alloués à tel ou tel projet.
Lier le budget aux résultats accroît l'efficacité des réformes
Pour transformer les ODD en résultats concrets, il faut relier les budgets locaux et les projets d'infrastructure à des résultats précis. Lors de l'allocation de fonds à un territoire, il convient de prendre en compte non seulement la population ou les besoins généraux, mais aussi les résultats.
Par exemple : dans quel district l'approvisionnement en eau potable s'est-il amélioré, dans quelle mahalla le nombre de jeunes sans emploi a-t-il diminué, dans quelle région la couverture préscolaire a-t-elle augmenté, dans quelle ville la qualité de l'air s'est-elle améliorée, où les citoyens se sont-ils déclarés plus satisfaits des services publics — ces résultats doivent devenir le critère principal d'évaluation de l'action des territoires.
Autrement dit, ce qui compte n'est pas que des fonds aient été dépensés, mais qu'ils aient produit un résultat. Non que l'on ait construit, mais que la population en fasse usage. Non qu'un programme ait été adopté, mais que le changement se fasse sentir dans la vie des gens.
Cette approche façonne une nouvelle culture aussi bien dans l'administration publique que dans le contrôle citoyen.
La transparence et le contrôle citoyen, l'une des conditions essentielles des ODD
Les institutions de la société civile, les médias, les conseils locaux, les centres de recherche et les experts indépendants doivent participer activement à la mise en œuvre des ODD. Car si l'on s'en remet uniquement aux rapports des administrations, certains problèmes risquent de passer inaperçus.
Pour les marchés publics, la construction, les subventions, l'aide sociale, l'attribution de terrains, les services communaux et les projets d'infrastructure locale, la chaîne « fonds alloués — travaux réalisés — appréciation du citoyen » doit être transparente. Si l'on publie dans un langage simple les informations indiquant, pour chaque mahalla, les montants alloués à tel projet, qui l'a exécuté, quels étaient les délais et si la population est satisfaite du travail accompli, la transparence de l'administration publique et la confiance des citoyens s'en trouveront renforcées. Le contrôle citoyen ne s'oppose pas ici à l'État ; il constitue au contraire un mécanisme constructif qui sert à améliorer la qualité des réformes. C'est précisément dans ce processus que les institutions de la société civile peuvent faire office de pont de confiance entre l'État et la population.
Une tâche commune pour l'Asie centrale : la coopération, non la concurrence
La coopération de l'Ouzbékistan avec les États voisins revêt une importance particulière dans la mise en œuvre des ODD. Car l'eau, le climat, l'énergie, les transports, le commerce, les migrations et les risques environnementaux ne choisissent pas les frontières nationales.
Auprès du Kazakhstan, on peut s'instruire en matière de coopération industrielle, de services numériques, de productivité du travail et de développement des secteurs à forte valeur ajoutée. Avec le Kirghizistan et le Tadjikistan, des solutions communes s'imposent sur l'équilibre eau-énergie, les risques climatiques dans les zones de montagne, le commerce transfrontalier et la migration de travail. Une coopération concrète avec le Turkménistan dans les domaines de l'énergie, des transports et de la durabilité environnementale est importante du point de vue des ODD.
Les initiatives prises ces dernières années par l'Ouzbékistan pour consolider un climat de bon voisinage en Asie centrale, régler les questions frontalières, développer la connectivité des transports et renforcer le dialogue régional montrent à quel point le partenariat et la confiance mutuelle sont essentiels au développement durable. Le Message présidentiel a également relevé tout particulièrement, sous l'angle de la stabilité régionale, la tenue à Samarcande en 2025 du sommet « Asie centrale — Union européenne » et du Forum international sur le climat, ainsi que les accords importants conclus lors de la rencontre des dirigeants de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizistan à Khodjand.
Ces processus montrent que, pour l'Ouzbékistan, les ODD deviennent une composante importante non seulement des réformes intérieures, mais aussi de l'agenda de la stabilité et de la coopération régionales.
Une nouvelle formule de gouvernance : l'indice, la mahalla et l'appréciation du citoyen
Pour porter les ODD à une nouvelle étape en Ouzbékistan, il faut réunir trois critères.
Le premier critère : les indices internationaux. Ils indiquent la place du pays dans le monde ainsi que ses forces et ses faiblesses.
Le deuxième critère : les indicateurs réels à l'échelle des mahallas. Ils aident à déterminer quel problème se pose dans quel territoire.
Le troisième critère : l'appréciation du citoyen. Car le juge le plus équitable d'une réforme, c'est la perception ou non, par la personne ordinaire, d'un changement dans sa propre vie.
Si ces trois critères se rejoignent, le suivi des ODD deviendra non plus un simple outil d'élaboration de rapports, mais un instrument concret de l'administration publique et du contrôle citoyen.
En guise de conclusion
L'Ouzbékistan dispose à la fois de la volonté politique, du socle stratégique et de l'expérience des réformes nécessaires à la mise en œuvre des ODD. La stratégie « Ouzbékistan — 2030 », la politique de réduction de la pauvreté, le système de travail à l'échelle des mahallas, l'énergie verte, l'économie d'eau, les réformes de l'éducation et de la santé, les services publics numériques et les initiatives de coopération régionale s'accordent directement avec les ODD.
À l'étape suivante, cependant, le critère principal doit changer : la question « combien de programmes ont été adoptés ? » doit céder la première place à la question « qu'est-ce qui a changé dans la vie des gens ? ».
Les Objectifs de développement durable ne doivent pas rester pour la population un terme international obscur. Ils doivent se manifester dans l'eau potable de la mahalla, dans une éducation de qualité pour l'enfant, dans l'accès de la mère aux soins médicaux, dans l'emploi trouvé par le jeune, dans la libre activité de l'entrepreneur, dans l'assainissement de l'air des villes et dans la confiance du citoyen envers l'État.
C'est alors seulement que les ODD deviendront pour l'Ouzbékistan non pas un exercice de reporting externe, mais la substance vivante du développement du Nouvel Ouzbékistan. Tel est aussi le but véritable du développement durable : élever non pas les chiffres, mais la dignité humaine.
Jahongir Isayev,
chef de département
de l'organisation non gouvernementale
« Centre de développement durable »